L'Union européenne annonce 200 milliards d'euros d'investissements dans l'IA

Hier, lors du Sommet pour l'action sur l'IA, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que 200 milliards d'euros allaient être mobilisés pour faire de l'Europe "l’un des principaux continents de l’IA". L'UE participera à hauteur de 50 milliards d'euros tandis que les 150 milliards d'euros supplémentaires proviendront de l'initiative "European AI Champions", à laquelle plus de 70 organisations ont déjà adhéré pour asseoir le leadership européen dans l'IA et dont la liste continue de s'allonger. En annonçant le fonds Invest AI de l'UE, la présidente de la Commission a souligné: "J’entends trop souvent dire que l’Europe est en retard dans la course où les États-Unis ou la Chine ont déjà pris de l’avance. Je ne suis pas d’accord, car la course à l’IA est loin d’être terminée. Nous n’en sommes qu’au début. La frontière est en perpétuel mouvement. Le leadership mondial est encore à prendre."

20 milliards d'euros pour des gigafactories

Parmi ces fonds, 20 milliards d'euros sont spécifiquement alloués à la création de quatre giga-usines d'IA, des infrastructures conçues pour soutenir le développement de modèles d'IA de grande envergure. Elles seront dotées d'environ 100 000 puces d'IA de dernière génération, soit quatre fois plus que les usines d'IA en cours d'installation autour du réseau des 9 supercalculateurs européens de calcul à haute performance d’EuroHPC. Trois de ces supercalculateurs EuroHPC sont aujourd’hui classés parmi les 10 supercalculateurs les plus puissants au monde : LUMI en Finlande, Leonardo en Italie et MareNostrum 5 en Espagne. Ursula von der Leyen compare cet investissement pour une intelligence artificielle digne de confiance à un "CERN pour l'IA". Pour rappel, le CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) est un laboratoire international de physique des particules situé à quelques kilomètres de Genève, en Suisse. Fondé en 1954, il est le plus grand centre de recherche en physique des particules au monde. Elle déclare : "Nous voulons que l'IA soit une force pour le bien et pour la croissance. Pour ce faire, nous adoptons notre propre approche européenne, fondée sur l'ouverture, la coopération et l'excellence des talents. Mais notre approche doit encore être suralimentée. C'est pourquoi, avec nos États membres et nos partenaires, nous mobiliserons des capitaux sans précédent par l'intermédiaire d'InvestAI pour les gigausines européennes d'IA. Ce partenariat public-privé unique, semblable à un CERN pour l'IA, permettra à tous nos scientifiques et entreprises, et pas seulement aux plus grands, de développer les très grands modèles les plus avancés nécessaires pour faire de l'Europe un continent de l'IA".. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Rapport "SpinozIA" : vers une IA générative éthique au service du journalisme

En novembre 2023, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) et l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) annonçaient collaborer dans le cadre du projet "Spinoza" dans l'objectif de développer une IA générative open source dédiée aux journalistes. Ce 10 février, alors que le Sommet pour l'Action sur l'IA IA ouvre ses portes au Grand Palais, les 2 partenaires publient le rapport “SpinozIA, vers un journalisme augmenté et éthique”, présentant les observations et conclusions de l’expérimentation du projet. Le projet Spinoza avait pour but de “développer un outil d’intelligence artificielle, par et pour les journalistes, qui garantit la propriété intellectuelle des médias sur leurs publications” tout en étant “au service d’une information fiable et d’un journalisme de confiance”. Initié par RSF, il a été lancé en octobre 2023 avec 120 médias volontaires membres de l'Alliance issus de 12 entreprises de presse : Actu.fr, EBRA, L’Équipe, La Nouvelle République, La Provence, Le Télégramme, Libération, l’Union, Nice-Matin, PMSO, Sogemedia et Sud Ouest. L'idée n'était pas de démontrer que la GenAI peut remplacer le métier de journaliste, mais qu'elle peut l'enrichir avec des données fiables. Le prototype réalisé avec Ekimetrics, une société experte en IA et data science, vise à améliorer la recherche documentaire et la reformulation des données pour le traitement médiatique du changement climatique et de la transition écologique. Exploitant le modèle de langage GPT 3.5 d'OpenAI et un algorithme d’embedding (un moteur de recherche qui explore les textes à la recherche de termes au sens proche de la question posée), en mars 2024, il était alimenté par 12 000 articles de presse, par des rapports scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), des textes de lois français, des rapports de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) ainsi que des documents tirés de la stratégie nationale bas-carbone du gouvernement français. Grâce notamment aux données issues de l’Agence France-Presse (AFP), qui a rejoint le projet en juillet 2024, le jeu de données journalistiques, qui a également été enrichi avec des données régionales, contient aujourd'hui 28 450 articles publiés par la presse française depuis 2022. Il permet de combler les lacunes des autres sources, comme les rapports scientifiques souvent limités à des régions spécifiques ou inversement décrivant des phénomènes à une échelle très large. Ce travail collaboratif a démontré la complémentarité et la richesse des contenus journalistiques avec les autres sources de données et leur intérêt pour les outils d’IA générative. Toutes les informations transmises par l’outil sont sourcées, afin que le journaliste puisse les tracer et les vérifier.

SpinozIA, vers un journalisme augmenté et éthique

Le rapport, outre la méthode suivie par l’équipe du projet Spinoza, présente une étude sur la perception de l’IA générative par les journalistes. Le questionnaire, conçu avec l’agence Econovia pour qualifier le rapport des journalistes à l’IA générative, a interrogé un panel de 281 journalistes exerçant en France. Il a permis de constater que malgré les craintes liées à l'utilisation de la GenAI telles que la perte de contrôle sur le traitement éditorial, la désinformation ou l’impact potentiel de l’IA sur les conditions de travail, les journalistes associent l'IA générative avec un gain de productivité. D'ailleurs, 45 % des journalistes français interrogés l'utilisent déjà dans leur pratique professionnelle et 93 % envisagent de l’utiliser notamment pour : • traduire des documents ; • générer une retranscription d’entretien ; • synthétiser des informations ; • reformuler du texte ; • générer des résumés d’article. L'étude souligne également que les journalistes prennent conscience qu’ils ont un rôle à jouer dans le développement de l’IA : 86 % considèrent qu’ils sont les mieux placés      pour garantir un usage encadré et responsable de ces outils dans la sphère de l’information journalistique.

Les recommandations de Reporters sans frontières

L'ONG adresse, dans ce rapport, dix recommandations aux médias pour poser le cadre éthique et technique nécessaire pour garantir l’intégrité de l’information dans les systèmes d’IA utilisés en journalisme :
  • Encadrer les usages et pratiques de l’IA dans les rédactions sur la base de références éthiques ;
  • Développer des extensions du projet Spinoza et les partager auprès de la communauté journalistique afin de permettre leur audit par des tiers ;
  • Initier des projets collaboratifs de développement d’outils d’IA entre médias ;
  • Respecter le droit voisin des éditeurs de presse et le droit d’auteur des journalistes ;
  • Mobiliser les méthodes de travail journalistique dans la conception des systèmes génératifs et nommer des responsables éditoriaux ;
  • Maintenir à jour les bases de données utilisées dans les outils d’IA générative, s’assurer de leur fiabilité ;
  • Tracer l’origine de toutes les sources utilisées dans les bases de données ;
  • Adapter les prompts à chaque base de données ;
  • Définir les prompts de manière collaborative ;
  • Rester indépendants dans l’usage des LLMs.
La publication du rapport est l’une des premières étapes de l’ouverture du projet : son code sera prochainement publié en open source sur la plateforme Hugging Face afin de permettre aux journalistes et développeurs de personnaliser et d’adapter l’outil selon leurs besoins. Thibaut Bruttin, Directeur général de RSF, conclut : “RSF a à cœur d’ouvrir une voie éthique et responsable, où l’innovation n’implique pas la marginalisation du journalisme. Le projet Spinoza permet cela, en réaffirmant le rôle central des rédactions dans la sélection, la hiérarchisation et la production de contenus de qualité, et l’indiscutable valeur ajoutée des contenus journalistiques dans les systèmes d’intelligence artificielle. Les journalistes et les éditeurs ont le pouvoir de réinventer le journalisme, à condition de lui redonner une souveraineté technologique. Saluons ici l’engagement de l’Alliance, de sa direction et de ses membres, qui ont témoigné de l’intérêt pour ce projet.”. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AMD et le CEA : un partenariat stratégique pour façonner l'avenir du calcul en IA

AMD (Advanced Micro Devices), acteur majeur des semi-conducteurs et concurrent de NVIDIA sur le marché des GPUs et des puces IA, a annoncé hier la signature d’une lettre d’intention avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce partenariat avec l’un des principaux organismes de recherche scientifique français vise à repousser les limites du calcul haute performance et à optimiser l’efficacité énergétique des infrastructures IA, répondant ainsi aux besoins croissants de secteurs stratégiques comme l’énergie et la médecine où les besoins en calcul sont particulièrement élevés. Le CEA se concentre sur quatre principaux domaines : les énergies bas carbone, le numérique, les technologies pour la médecine du futur, ainsi que la défense et la sécurité. En mettant en synergie l'expertise du CEA en matière de recherche et d'architecture informatique et le savoir-faire d'AMD dans le domaine des semi-conducteurs et du HPC, les deux partenaires travailleront au développement des  technologies avancées, composants et architectures de système de prochaine génération. L'un des principaux défis que vise à relever ce partenariat est celui de l'efficacité énergétique. L'essor des modèles d'IA toujours plus complexes et gourmands en calcul nécessite des solutions capables de concilier puissance de traitement et sobriété énergétique. Ralph Witting, Corporate Fellow et responsable de la recherche chez AMD, souligne : "Le calcul IA continue de stimuler l'innovation dans tous les secteurs de l'industrie, et une collaboration internationale est critique pour repousser les limites du possible. Avec ce partenariat avec le CEA et les ingénieurs français de premier plan, nous visons à rapprocher la recherche de pointe sur l'IA des applications du monde réel en faisant progresser les architectures de systèmes répondant aux exigences des charges de travail de l'IA de demain."

Vers une dynamique de coopération internationale

Au-delà des avancées technologiques, ce partenariat s'inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre les acteurs industriels et académiques américains et européens. En prévoyant l'organisation d'un symposium cette année sur le calcul IA, AMD et le CEA ambitionnent de réunir les parties prenantes européennes du secteur, les fournisseurs mondiaux de technologies, les start-ups, les centres de calcul intensifs, les universités et les responsables politiques. Julie Galland, Directrice de la recherche technologique du CEA, affirme : "Le CEA est engagé à stimuler l'innovation dans le domaine du calcul IA en faisant progresser les technologies de nouvelle génération ouvrant la voie à des architectures de rupture qui concilient performance et efficacité énergétique. Notre collaboration avec AMD représente une étape importante dans la promotion de la coopération internationale dans l’informatique de haute performance, en réunissant une expertise de classe mondiale pour adresser les besoins grandissant de charge de travail IA." 

Un datacenter de pointe à Grenoble

AMD a par ailleurs annoncé que ses derniers GPUs Instinct alimenteront l'un des centres de données dédiés à l'IA de la société DataOne. Situé à Grenoble, il devrait être opérationnel dans quelques mois. Il pourrait faire partie des investissements des Emirats arabes unis annoncés par Emmanuel Macron puisque G42, basé à Abu Dhabi, est impliqué dans le projet via l'une des sociétés de son portefeuille, Core42. Lisa Su, présidente et directrice générale d’AMD, commente : "Notre collaboration stratégique avec G42 contribuera à dynamiser l’écosystème français de l’IA, en fournissant la capacité de calcul nécessaire pour permettre aux start-ups locales et aux pionniers de l’IA de bénéficier d’une innovation de pointe et de renforcer l’économie française.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Emirats arabes unis, fonds canadien Brookfield, Mistral AI : Emmanuel Macron annonce 109 milliards d'investissements dans l'IA

Hier soir, lors de l'interview donnée à France 2 au Grand Palais, là même où a débuté ce matin le Sommet de l'Action sur l'IA, Emmanuel Macron a annoncé un investissement en France de 109 milliards d'euros dans les prochaines années. Une part d'entre eux sera notamment dédiée à la construction de data centers : 30 à 50 milliards proviendront des Émirats arabes unis et 20 milliards du fonds canadien Brookfield. Le 6 février dernier, premier jour de la Semaine pour l'Action sur l'IA dont le Sommet est le point d'orgue, le gouvernement a annoncé le lancement de la 3ème phase de la stratégie nationale pour l'IA. Celle-ci s'articulera autour de quatre priorités :

  • renforcer les infrastructures de calcul et les maillons critiques de la chaîne de valeur de l’IA,
  • former et attirer les talents de l’IA,
  • accélérer les usages de l’IA,
  • se donner les moyens de bâtir l’IA de confiance.
Concernant les infrastructures de calcul, 35 sites "prêts à l’emploi" ont d'ailleurs été identifiés pour des projets de centres de données en France métropolitaine et devraient être dévoilés à l'occasion du Sommet. Comme l'a rappelé Emmanuel Macron, la France bénéficie d'une énergie décarbonée, abondante et stable qui rend son territoire attractif pour l’implantation de ces infrastructures dédiées à l’IA.

30 et 50 milliards d'euros pour la construction d'un datacenter géant

Face au leadership des Etats-Unis et de la Chine en matière d'IA, la France est à la recherche de partenaires pour renforcer sa position. L'Inde, avec laquelle elle coorganise le Sommet, en fera partie, mais également les Emirats arabes unis. Leur président, Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, a été reçu par Emmanuel Macron le 1er jour de cette semaine dédiée à l'IA. L'accord de partenariat annoncé à l'occasion concerne notamment la création en France d'un campus IA incluant un centre de données d'une capacité de calcul pouvant atteindre un gigawatt, représentant un investissement estimé entre 30 et 50 milliards d'euros. Le campus, qui sera le plus grand d'Europe consacré à l'IA, sera développé par un consortium franco-émirati, incluant notamment le fonds d'investissement MGX. Sa localisation et le montant de la première tranche d'investissement devraient être révélés en mai prochain lors de prochain Sommet Choose France.

20 milliards d’euros du fonds canadien Brookfield d'ici 2030

Le second grand investissement annoncé est celui de Brookfield, qui gère plus de mille milliards de dollars d'actifs à travers le monde et dit avoir choisi la France en raison de ses compétences en ingénierie et de son énergie propre. Cet investissement sera principalement destiné à la construction de nouveaux sites de datacenters et au développement de puces d'IA. Sur les 35 sites annoncés par le gouvernement, huit seront implantés dans la région Hauts-de-France. Parmi les 20 milliards d'euros annoncés par Brookfield, une partie sera consacrée à la construction d'un mégacenter à Cambrai, qui pourra lui aussi atteindre une puissance de calcul d'un gigawatt.

Éclairion, le futur datacenter de Mistral AI

Emmanuel Macron a encouragé les entreprises françaises à investir : Mistral AI donne le la avec l'annonce de la construction d'un datacenter de plusieurs milliers de mètres carrés sur le plateau de Saclay, en Essonne. La licorne y consacrera plusieurs milliards d’euros ces prochaines années. Baptisé Éclairion, ce projet a été révélé hier soir sur TF1 par Arthur Mensch, son PDG, qui, soulignant que les infrastructures de calcul sont essentielles pour le développement des LLMs, a déclaré : "Nous avons choisi la France, car elle dispose d’une électricité décarbonée et très compétitive. Nous le faisons aussi par conviction.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Helsing et Mistral AI : une alliance stratégique pour la défense européenne basée sur l'IA

S'il est une entreprise qui occupe le devant de la scène médiatique durant cette Semaine pour l'Action sur l'IA, il s'agit sans conteste de Mistral AI. La licorne avait déjà fait fort avec l'annonce d'un partenariat avec France Travail le 4 février dernier, d'un autre avec Stellantis le lendemain. Elle a ensuite abordé la semaine dédiée à l'IA avec le partenariat de Free, l'annonce de la création de son propre datacenter avant-hier et celle hier d'un partenariat avec Helsing, axé sur l'IA de défense.  Fondée en 2021 par Torsten Reil, Gundbert Scherf et Niklas Köhler en Allemagne, également présente en France et au Royaume-Uni, Helsing est une licorne européenne spécialisée dans les technologies de défense basées sur l'IA. Elle affirme placer l'éthique au cœur de leur développement et vouloir se consacrer à la défense des valeurs de démocratie et de liberté. L'entreprise travaille en collaboration avec des gouvernements et des partenaires industriels pour améliorer les capacités des matériels existants. Elle a ainsi été sélectionnée en juin 2023 avec Saab, par le ministère allemand de la Défense pour améliorer les capacités de guerre électronique de 15 Eurofighter de la Luftwaffe. Le projet prévoit l'installation à l'horizon 2028 de la suite de capteurs Arexis de Saab, augmentée par la solution d'IA développée par Helsing. Cette intégration permettra une analyse en temps réel des données radar collectées par les capteurs de l'avion, générant en quelques millisecondes des mesures d'autoprotection précises contre les radars adverses modernes. En décembre 2024, Helsing a dévoilé son premier drone d'attaque, le HX-2, utilisé par l'Ukraine. Ce drone peut être produit en masse grâce à des techniques avancées de fabrication, notamment l'impression 3D, à un coût inférieur à celui des systèmes existants. Lorsqu’ils sont mis en œuvre au sein du système de reconnaissance-frappe Altra développé par Helsing, les HX-2 peuvent fonctionner en essaim autonome, contrôlé par un seul opérateur humain. Ils sont proposés aux alliés de l'OTAN comme un "bouclier anti-invasion".

Un développement conjoint axé sur les Vision-Language-Action models

Le partenariat, qui combine l’expertise d’Helsing avec celle de Mistral AI en matière de GenAI, a pour objectif de renforcer la collaboration entre l’humain et l’IA sur le champ de bataille. Antoine Bordes, Vice-Président de l’IA chez Helsing, affirme : "L’avenir de la défense repose sur des systèmes intégrant l’IA et travaillant en complémentarité avec l’humain dans le monde réel. La robotique et l’IA vont transformer la conduite des opérations militaires en optimisant l’efficacité, en réduisant les risques et en accélérant la prise de décision dans des environnements contestés."

Le développement conjoint reposera sur les Vision-Language-Action models (VLA), des systèmes permettant d’analyser en temps réel l’environnement opérationnel, de comprendre et d’interpréter les commandes humaines, et de générer des actions adaptées aux situations complexes. Ces modèles devraient permettre d’accélérer la prise de décision militaire, en améliorant la rapidité et la fiabilité des réponses opérationnelles.

Un enjeu de compétition mondiale

Dans un contexte de tensions internationales accrues et de complexité du contexte opérationnel militaire, ce projet entre les 2 licornes européennes pourrait offrir une alternative souveraine aux technologies américaines et chinoises. Gundbert Scherf, cofondateur de Helsing, commente : "L’Europe doit affirmer son rôle d’acteur géopolitique majeur. L’IA en est une pierre angulaire, et ce partenariat avec Mistral AI nous place à l’avant-garde de l’innovation militaire." Arthur Mensch renchérit : "L’intégration de nos modèles dans les systèmes de défense constitue une avancée majeure pour le positionnement technologique de l’Europe sur la scène internationale.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


La France, pilier européen de l’innovation en oncologie

L’innovation en oncologie s’impose comme un enjeu majeur dans la lutte contre le cancer, qui demeure l’une des premières causes de mortalité en Europe. À la veille de la Journée mondiale de lutte contre le cancer qui se déroule chaque année le 4 février, l'Office européen des brevets (OEB) a publié sa seconde étude "New frontiers in oncology" sur les technologies dédiées au cancer, offrant une analyse approfondie des secteurs technologiques à la croissance la plus rapide. Celle-ci montre que, quand bien même l’Europe abrite le plus grand nombre de start-ups liées à l’oncologie, elle se laisse distancer par les États-Unis et la Chine en matière de dépôts de brevets. Près de 20 millions de nouveaux cas de cancer, dont 433 000 en France, sont diagnostiqués dans le monde chaque année. Bien que l'Europe regroupe moins de 10 % de la population mondiale, elle représente près de 25 % des cas mondiaux de cancer et plus de 20 % des décès liés à cette maladie. L'étude de l'OEB "Nouvelles frontières en oncologie : un écosystème d’innovation en évolution" se concentre sur les technologies les plus prometteuses et les variations entre les régions, les acteurs et les secteurs. Elle examine les dépôts de brevets dans 28 domaines technologiques du cancer et révèle de grandes variations dans les taux de croissance, ainsi que dans le nombre de familles de brevets internationales (FBI).

Les États-Unis en tête des inventions liées au cancer

Au cours de la période la plus récente (2015-2021), les domaines qui ont connu la plus forte croissance, mesurée par les taux de croissance annuels des FBI, comprennent des technologies telles que l’immunothérapie cellulaire (+37,8 %), la thérapie génique (+31,0 %), l’analyse d’images (+19,6 %), les biopsies liquides (+17,2 %) et l’informatique de santé (+14,7 %). Les États-Unis dominent l’innovation en oncologie, avec une part stable d’environ 43 % des inventions mondiales liées au cancer. En revanche, la part des déposants européens a chuté de 18,7 % à 12,4 % entre 2010 et 2021, alors que le dépôt de brevets en oncologie s’est intensifié. La Chine affiche la plus forte progression : le nombre de FBI a plus que quadruplé au cours de la période 2015-2021, porté principalement par le secteur privé, qui dépasse désormais largement le secteur public.

La France, moteur européen de l’innovation en oncologie

L'étude souligne la place prépondérante de la France dans l'écosystème européen, grâce à son dynamisme en matière de brevets et à l’excellence de ses institutions de recherche. Avec plus de 3 500 FBI publiées entre 2010 et 2021, la France se positionne au deuxième rang européen derrière l’Allemagne. Elle se distingue particulièrement dans le domaine de la médecine personnalisée, où elle représente 5,6 % des inventions brevetables entre 2016 et 2021. Cette avancée traduit une approche innovante du traitement du cancer, mettant l’accent sur des thérapies adaptées aux spécificités génétiques des patients. Cette période a également été marquée par une croissance significative dans le domaine des vaccins immunothérapeutiques, où la part de la France est passée de 4,0 % à 4,7 % par rapport à la période 2010-2015. L’écosystème français est porté par un réseau de recherche particulièrement performant. L’Inserm et le CNRS occupent respectivement la deuxième et la troisième place au niveau mondial pour le nombre de brevets déposés en oncologie. Au total, dix institutions françaises figurent parmi les quinze premières européennes, confirmant l’importance des organismes de recherche publics dans l’innovation technologique contre le cancer. Cette dynamique se traduit également par une forte contribution des universités et des hôpitaux, qui représentent près des deux tiers des brevets déposés en France dans ce domaine. Par ailleurs, l'Hexagone affiche une présence notable dans le paysage européen des start-ups spécialisées en oncologie : avec 246 jeunes entreprises dédiées à ce secteur, il se classe juste derrière le Royaume-Uni (290 start-ups) et devant l’Allemagne (208). L’Europe compte environ 1 500 start-ups en oncologie, dépassant ainsi les États-Unis (1 325). Cependant, si le nombre de start-ups en phase de création y est supérieur, la transformation de ces entreprises en acteurs majeurs demeure un défi : moins de 22 % des start-ups françaises en oncologie (24 % au sein de l’UE et moins de 27 % dans les autres États membres de l’OEB) atteignent un stade avancé de croissance, contre près de 40 % aux États-Unis. L’étude de l’OEB souligne également une perte de terrain de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine dans les secteurs les plus dynamiques de l’innovation oncologique. Les parts européennes ont reculé de 5 points de pourcentage dans des domaines stratégiques comme l’immunothérapie cellulaire, la thérapie génique et l’analyse d’images. Ces technologies, en forte expansion, nécessitent des investissements massifs et un écosystème favorable à leur développement. L’innovation en oncologie en France repose sur une base scientifique solide et un réseau de start-ups prometteur. Toutefois, l’enjeu réside dans la capacité à transformer ces avancées en succès industriels et cliniques. L’accès au financement, le soutien aux phases de croissance et la structuration d’un écosystème plus propice à l’industrialisation de l’innovation apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité française et européenne dans ce domaine stratégique. António Campinos, président de l'OEB, conclut : "En référence au rapport de Mario Draghi sur l'avenir de la compétitivité européenne, les conclusions de cette étude constituent un signal d'alarme pour l’écosystème d'innovation en oncologie en Europe. Alors que les technologies de lutte contre le cancer évoluent rapidement et s’engagent vers des recherches inédites, l'Europe doit réagir pour préserver son avantage compétitif en matière d'innovation dans le secteur de la santé et ainsi contribuer à sauver des vies. Les startups européennes en oncologie sont un atout, mais elles ont besoin d'investissements et de soutien pour développer leurs innovations.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Le Groupe Iliad investit 3 milliards d’euros dans l’IA et affirme son ambition industrielle

En 2023, le groupe Iliad affirmait son intention de se tailler une place de choix dans le marché de l’IA. A l'occasion de l'AI Action Summit, il a annoncé un investissement de 3 milliards d'euros dans les infrastructures dédiées à l’IA (datacenters et puissance de calcul), la recherche et les applications grand public pour renforcer sa position en Europe.

Une infrastructure européenne de premier plan

OpCore, la filiale du Groupe qui opère 13 datacenters en France et en Pologne, investira 2,5 milliards d'euros pour renforcer sa position en tant que leader européen des datacenters hyperscale, notamment pour les ressources de calcul IA. En partenariat avec Infravia, l’une des principales sociétés indépendantes de capital-investissement en Europe, OpCore déploiera plusieurs centaines de mégawatts de capacités à court terme, avec une ambition de plusieurs gigawatts à long terme à travers l’Europe.

Scaleway : près de 5000 GPUs dernière génération

Scaleway, la filiale cloud B2B du groupe, annonce la mise à disposition de 5000 GPUs de dernière génération, constituant ainsi la plus grande capacité de calcul commercialisable pour l’IA en Europe. Cette puissance de calcul est accessible aux entreprises souhaitant entraîner leurs modèles d’IA, comme le fait Mistral AI, H et Photoroom. Scaleway offre également à ses clients un accès sécurisé aux meilleurs modèles open-source, notamment Llama (Meta), Moshi (Kyutai) et Deepseek.

Free démocratise l’IA avec Mistral AI

L’opérateur Free, également filiale du Groupe iliad, a signé un partenariat exclusif avec Mistral AI pour proposer à ses abonnés mobiles un assistant IA de nouvelle génération : le Chat Pro, la version premium du nouveau Le Chat présenté la semaine dernière par la licorne. Depuis hier, les 15,5 millions d’abonnés payants à Free peuvent accéder, et ce pendant 12 mois, gratuitement à cet outil, renforçant ainsi l’intégration de l’IA dans les usages quotidiens.

Kyutai : un laboratoire indépendant dédié à la recherche ouverte

L’IA ne se limite pas à l’infrastructure et aux applications commerciales. Iliad mise également sur la recherche avec Kyutai, un laboratoire privé qu'il a cofondé en novembre 2023 et doté de 100 millions d’euros. Fidèle à l’approche open source du Groupe, Kyutai a présenté, six mois après sa création, Moshi, un modèle vocal avancé, et a récemment dévoilé Hibiki. Cette technologie de traduction simultanée préserve la voix du locuteur tout en adaptant son rythme au contenu sémantique du discours source, offrant ainsi une traduction orale et écrite en temps réel. Thomas Reynaud, Directeur Général du Groupe iliad, commente : "Au sein du Groupe iliad, nous croyons depuis plusieurs années à la puissance de l’intelligence artificielle et nous avons décidé d’y consacrer les moyens nécessaires. Nous investissons 3 milliards d’euros sur toute la chaîne de valeur : des data centers à la puissance de calcul en passant par la recherche en open-science, ou encore la démocratisation des usages avec notre partenariat avec Mistral. Si nous multiplions les initiatives depuis 3 ans, c’est que nous sommes à un moment décisif où se joue notre avenir collectif.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AI Action Summit : les acteurs de l'IA durable se retrouveront le 11 février prochain au Ministère de la Transition écologique

Les 10 et 11 février prochains, la France accueillera le Sommet mondial pour l’Action sur l’IA. Parmi les axes majeurs de cet événement, un volet spécifique sera consacré à l’IA durable, une approche encore émergente mais essentielle à l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale. C’est dans ce contexte qu’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, présidera le Forum pour l’IA durable, le 11 février à l’Hôtel de Roquelaure.

L’intelligence artificielle au service de la transition écologique

L’IA est souvent perçue comme un levier d’innovation pour l’optimisation des processus industriels, l’amélioration des systèmes énergétiques ou encore la modélisation des risques climatiques. Dans cette optique, elle pourrait jouer un rôle clé dans l’accélération de la transition écologique, en permettant par exemple de mieux comprendre les écosystèmes, de limiter les pertes énergétiques et de renforcer la résilience des territoires face aux aléas climatiques. Cependant, si l’IA offre des solutions pour réduire l’empreinte carbone dans de nombreux secteurs, elle génère aussi des défis environnementaux non négligeables. La consommation énergétique croissante des centres de données et l’extraction des ressources nécessaires aux infrastructures numériques posent la question de la soutenabilité de cette révolution technologique. Aujourd’hui, les data centers représenteraient environ 2 % de l’empreinte carbone mondiale, soit la moitié de celle du transport aérien.

Un Forum international pour l’IA durable

Cet événement rassemblera plus de 200 participants issus des sphères gouvernementales, du monde de la recherche, des entreprises et des ONG. L’objectif est de créer un cadre de discussion international sur les moyens de développer une IA à la fois innovante et respectueuse de l’environnement. Parmi les thématiques abordées figurent la régulation de l’impact environnemental de l’IA, l’émergence de standards internationaux pour une IA sobre, ainsi que les opportunités offertes par l’IA pour accompagner les politiques climatiques et de biodiversité. La rencontre devrait également être l’occasion d’annoncer des engagements concrets pour une IA compatible avec les objectifs de neutralité carbone. Retrouver ici le programme de la journée. Agnès Pannier-Runacher, qui ouvrira le Forum, commente : "L’intelligence artificielle est une opportunité sans précédent pour accélérer la transition écologique. Elle permet d’améliorer nos modèles de prévision des risques climatiques, de mieux connaître nos écosystèmes, d’optimiser nos consommations d’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre, etc. Toutes ces technologies nous permettront de tenir la trajectoire vers la neutralité carbone, mieux protéger la nature et les Français. Mais l’IA présente aussi des risques pour le climat, en particulier du fait de sa consommation énergétique, de son usage croissant en eau et en métaux critiques, qui appellent à l’action pour développer une IA durable et sobre à même de servir l’intérêt général. L’événement du 11 février vise à avancer sur cette ligne de crête, d’une IA qui sert les Français et la lutte contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, et dont les impacts sont contenus. Il permettra de changer la donne, en réunissant des experts de l’IA, du climat, de l’environnement et ceux qui font les politiques publiques. En tant que ministre de la Transition écologique, je suis très fière que la France se place à l’avant-garde de ce combat." . Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


IA et productivité dans le secteur public : une transformation en marche

Face à des contraintes budgétaires croissantes et à une demande de services toujours plus exigeante, les administrations publiques cherchent à réinventer leur modèle de productivité. Une étude récente réalisée par The Economist pour SAS met en lumière le rôle crucial que joue l'IA dans cette transformation. Toutefois, si la technologie est un levier puissant, elle ne peut être efficace sans une évolution culturelle et organisationnelle significative.

L'IA, un catalyseur de modernisation

Selon le rapport intitulé "Reimagining the Future of Public Sector Productivity", basé sur les réponses de 1 550 employés du secteur public de 26 pays, plus de la moitié des administrations publiques compte sur l'IA pour stimuler leur productivité dans les trois prochaines années. Elles intègrent progressivement l'IA pour optimiser leurs opérations. Parmi les cas d'usage les plus répandus figurent les analyses prédictives (66 % des répondants), qui permettent une meilleure anticipation des besoins et une allocation plus efficace des ressources. La cybersécurité et la prévention des fraudes (54 %) deviennent des priorités, alors que les menaces numériques se multiplient. Cependant, l'étude souligne que l'adoption de l'IA reste prudente : 70 % des administrations publiques n'intègrent de nouvelles technologies qu'après validation de leur efficacité ailleurs. Ce conservatisme traduit une volonté de minimiser les risques, mais peut ralentir l'innovation.

Les défis budgétaires et technologiques

Les administrations publiques disposent de budgets limités et ne peuvent donc pas toujours gérer de nouvelles technologies. Les questions relatives à la confidentialité des données (75 %) et les contraintes budgétaires (64 %) sont considérées comme des défis majeurs à une adoption réussie. En outre, 47 % des répondants citent l'incapacité à mesurer la productivité comme un frein. Néanmoins, bien que les participants à l'enquête reconnaissent ces obstacles, une écrasante majorité d'entre eux (91 %) considère que les technologies digitales présentent plus d'avantages que de risques pour leur organisation.

Une transformation qui ne peut être uniquement technologique

L'IA seule ne saurait suffire à améliorer durablement la productivité du secteur public. L'étude insiste sur la nécessité d'une transformation organisationnelle parallèle. Une conception adaptative des structures et un engagement actif des employés sont des facteurs déterminants. Pourtant, plus d'un quart des administrations interrogées n'ont encore initié aucun projet en ce sens. L'implication des agents est un enjeu majeur : seuls 15 % des employés du secteur public interrogés participent activement à l'évaluation des besoins en technologies, 14 % au choix des outils et 36 % à leur implémentation. Pour que l'IA révèle pleinement son potentiel, il est crucial d'accroître la formation et l'adhésion des collaborateurs.

L'importance des partenariats stratégiques

L'étude met également en avant le rôle des partenariats avec des fournisseurs technologiques. Près de la moitié des répondants (49 %) considère l'externalisation comme un moyen efficace d'améliorer la productivité. Toutefois, cette stratégie doit s'accompagner d'une gouvernance rigoureuse pour assurer une compatibilité avec les objectifs de service public et une gestion efficace des coûts.

Vers un modèle de productivité plus agile

L'évolution du secteur public vers un modèle plus performant repose sur un équilibre entre innovation technologique, transformation organisationnelle et implication des employés. Si l'IA représente une opportunité indéniable, son intégration réussie dépendra de la capacité des administrations à moderniser leur culture interne et à adopter des stratégies d'implémentation plus audacieuses. Jonathan Birdwell, directeur de la politique et des perspectives chez Economist Impact, conclut : "Face à des contraintes budgétaires et à une demande croissante de services publics pour répondre à des défis complexes tels que le vieillissement de la population, le changement climatique et l’incertitude économique, les gouvernements doivent agir de manière décisive pour mettre en œuvre des réformes de productivité. Par exemple, la réponse budgétaire à la pandémie de Covid-19 dans certains pays à haut revenu s’est élevée à 21 % du PIB, soulignant le rôle crucial de l’intervention gouvernementale en période de crise. Notre recherche montre que si la transformation numérique est essentielle, elle ne suffit pas à elle seule. Le succès repose sur des structures organisationnelles adaptatives capables de surmonter la résistance au changement et d’impliquer les employés dans la conception et la mise en œuvre des nouvelles technologies. L’intelligence artificielle offre au secteur public l’opportunité de transformer la manière dont il sert les citoyens et d’améliorer l’expérience des employés.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AI Act : entrée en vigueur des premières mesures visant à encadrer les risques de l'IA

Après de nombreuses modifications et reports dus notamment à l'essor de la GenAI, l'AI ACT est entré en vigueur le 1er août 2024. Comme prévu, depuis dimanche dernier, les mesures concernant les cas d'usage interdits sont entrées en application. L’UE a été la première à vouloir instaurer un cadre réglementaire pour l’IA, visant à réguler l’intelligence artificielle en fonction de son potentiel à causer des dommages. L'AI Act vise à garantir que les droits fondamentaux des citoyens européens, la démocratie, l’Etat de droit et la durabilité environnementale soient protégés contre les risques de l'IA. Si son application se fera progressivement jusqu'en août 2027 et que de nouvelles lignes directrices seront publiées au fur et à mesure, depuis le 2 février dernier, les dispositions prises contre les systèmes d'IA présentant des risques inacceptables sont entrées en vigueur.

Les cas d’utilisation de l’IA interdits

Afin de préserver les droits des citoyens et la démocratie sont proscrits :
  • Les systèmes de catégorisation biométrique utilisant des caractéristiques sensibles (par exemple : opinions politiques, religieuses, philosophiques, orientation sexuelle, race) ;
  • L’extraction non ciblée d’images faciales sur Internet ou par vidéosurveillance pour créer des bases de données de reconnaissance faciale ;
  • Les systèmes permettant la reconnaissance des émotions sur le lieu de travail et les établissements d’enseignement ;
  • La notation sociale basée sur le comportement social ou les caractéristiques personnelles ;
  • Les systèmes d’IA qui visent à manipuler le comportement humain pour contourner le libre-arbitre ;
  • L’IA utilisée pour exploiter les vulnérabilités des personnes (en raison de leur âge, de leur handicap, de leur situation sociale ou économique).
Des exceptions ont toutefois été mises en place pour l’utilisation des systèmes d’identification biométrique dans les espaces accessibles au public à des fins répressives, sous réserve d’une autorisation judiciaire préalable et pour des listes d’infractions bien définies :
  • Les systèmes d’identification biométrique “à distance” seront utilisés strictement dans le cadre de la recherche ciblée d’une personne condamnée ou soupçonnée d’avoir commis un crime grave
  • L'utilisation des systèmes d’identification biométrique “en temps réel” sera limitée dans le temps et dans l’espace pour:
    • La recherche ciblée de victimes (enlèvement, traite, exploitation sexuelle) ;
    • La prévention d’une menace terroriste précise et actuelle ;
    • La localisation ou l’identification d’une personne soupçonnée d’avoir commis l’un des crimes spécifiques mentionnés dans le règlement (terrorisme, traite, exploitation sexuelle, meurtre, enlèvement, viol, vol à main armée, participation à une organisation criminelle, crime contre l’environnement).
Le Comité européen de l’IA, composé de représentants de haut niveau de la Commission européenne et de tous les États membres de l’UE, et le Bureau de l’IA, composé d'experts en technologie, juristes et économistes, sont chargés de la mise en œuvre et l’application de l'AI Act. Le non-respect des règles qui s'appliquent à toute entité développant, mettant sur le marché ou utilisant des systèmes d'IA au sein de l'UE, pourra entraîner des amendes allant jusqu'à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial, en fonction de l’infraction et de la taille de l’entreprise.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


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