DIVA : catalyseur d'innovation pour les entreprises des Pays de la Loire

Depuis 2023, le programme DIVA (Digital Innovation Value Accelerator) s’impose comme un acteur clé du soutien à l’innovation en IA dans les Pays de la Loire. Grâce à un investissement régional de plus de 3 millions d’euros, les PME et les ETI ligériennes bénéficient d’un accompagnement stratégique et financier pour intégrer l’IA dans leurs processus et produits. À mi-parcours de son déploiement, DIVA affiche des résultats encourageants, révélant une dynamique prometteuse pour la compétitivité des entreprises du territoire. Lauréat en 2022 de l’appel à projet European Digital Innovation Hub (EDIH) lancé par la Commission Européenne en vue d’accompagner la digitalisation des entreprises, DIVA est cofinancé par l'UE dans le cadre du programme Digital Europe. Son objectif est de renforcer la compétitivité des entreprises de la Région tout en respectant les principes de développement durable et en s'inscrivant dans une dynamique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

Un dispositif d’accompagnement complet et sur mesure pour accélérer la transformation numérique

Porté par l'incubateur régional Atlanpole, co-piloté avec le pôle de compétitivité EMC2, DIVA repose sur un écosystème de 13 acteurs ligériens spécialisés dans l’innovation et l’accompagnement économique. Son ambition : faciliter l’adoption de l’IA en entreprise à travers un dispositif structuré, comprenant :
  • Un diagnostic des besoins numériques permettant d’évaluer la maturité des entreprises et de définir une feuille de route adaptée ;
  • Un accompagnement au prototypage, avec un soutien financier couvrant jusqu’à 50 % des coûts ;
  • Une offre de formation et de sensibilisation visant à démocratiser les enjeux et opportunités de l’IA.
À horizon 2026, l’objectif est ambitieux : 450 cadrages de projet, 35 prototypes développés et 55 formations dispensées. Début 2025, les premiers résultats démontrent déjà un fort engagement des entreprises locales.

Des résultats concrets et un impact mesurable

Après deux années d’existence, DIVA a accompagné 21 projets pilotes, avec un investissement moyen de 30 000 euros par prototype. Plus de 200 structures (entreprises, associations, établissements publics) ont bénéficié d’un accompagnement technique pour définir leur stratégie de transformation numérique, et plus de 4 000 entrepreneurs ont été sensibilisés à travers une cinquantaine d’événements dédiés. Deux entreprises témoignent de l’impact de DIVA sur leur développement :
  • Aqualeg, spécialisée dans la fabrication de prothèses, a développé un agent virtuel multilingue pour assister son support client à l’international, garantissant conformité au RGPD et fiabilité des réponses ;
  • Shortways, éditeur de logiciels, a développé un assistant digital basé sur l’IA générative, permettant d’optimiser l’expérience utilisateur et de réduire les délais de traitement des demandes.
Ces exemples illustrent non seulement comment l’IA peut devenir un levier stratégique pour l’amélioration des performances et la compétitivité des entreprises mais également  comment DIVA, grâce à son accompagnement, leur a permis de minimiser les risques financiers liés à l'implémentation de l'IA.

Projections 2025

D’ici 2026, DIVA prévoit de financer plus de 50 nouvelles expérimentations, avec un budget supplémentaire de 1,5 million d’euros. L’objectif est de doubler le nombre de projets de prototypage et d’intensifier l’accompagnement des entreprises pour une adoption efficace de l’IA. Simon Boisserpe, conseiller Développement et Innovation Numérique à Atlanpole, souligne : "DIVA joue un rôle crucial dans l’accélération de la transformation numérique des entreprises des Pays de la Loire. Ce sont au total 6 millions d’euros sur 3 ans qui sont mis à la disposition des entrepreneurs." Les entreprises accompagnées bénéficieront en outre d'une ouverture sur l’Europe via des collaborations techniques et commerciales avec les autres EDIH de l'UE.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Le ministère des Armées déploie son IA générative sécurisée et souveraine : GenIAl.intradef

Le ministère des Armées poursuit sa transformation digitale en déployant sur Intradef une solution d’IA générative sécurisée et souveraine destinée à faciliter le quotidien de ses agents, militaires et civils : GenIAl.intradef. Cette plateforme de services IA est développée depuis 2022 par le Centre d’expertise données et IA (CEDIA) du SGA (Secrétariat général pour l’administration) en collaboration avec l’Etat-Major des Armées et la Direction générale de l’armement (DGA), la Direction générale du numérique (DGNUM), la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), l’Agence du numérique de défense (AND) et l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD).

Une plateforme au service des agents du ministère

Fruit de plusieurs mois d'expérimentation, GenIAl.intradef est conçue pour accompagner les agents du ministère en optimisant les tâches quotidiennes et en réduisant la charge des activités répétitives ou chronophages : synthétiser des documents, analyser des notes, étudier une réglementation, rechercher des informations pertinentes dans un rapport… Son rôle n'est pas de se substituer à eux mais de leur permettre de se concentrer davantage sur les tâches à haute valeur ajoutée. Comme le souligne Guillaume Vimont, chef du CEDIA, "L’agent reste l’unique acteur de ses décisions." Déployée progressivement depuis décembre dernier, elle met à disposition plusieurs services d'IA, notamment :
  • Un agent conversationnel : ce "ChatGPT défense" spécifiquement adapté au vocabulaire et aux enjeux propres au ministère des Armées, facilite la rédaction de contenus, la réponse aux questions et la stimulation de la réflexion. Il bénéficiera d’améliorations permanentes pour continuer à s’adapter et s’enrichir ;
  • Un synthétiseur pour extraire les idées principales d'un document et de proposer un résumé adapté ;
  • Un traducteur pour les messages et les documents ;
  • Un convertisseur de contenus audio en texte ;
  • Une océrisation (OCR ou Optical Character Recognition) qui transforme les contenus textuels d’images en fichiers exploitables.

Une intégration progressive et évolutive

La mise en service de GenIAl.intradef repose sur des infrastructures récentes, telles que le  C1DR (cloud sur le réseau intradef) et la plateforme Artemis.IA. Intégrée à l'environnement numérique du ministère, elle sera progressivement accessible à l'ensemble des personnels. D'autres fonctionnalités sont d'ores et déjà en développement pour répondre aux besoins spécifiques des métiers. Une aide en ligne et des ressources d’accompagnement, dont des capsules vidéos disponibles dès la rentrée, permettront aux utilisateurs de mieux appréhender les capacités de l’outil.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


L'industrie automobile chinoise accélère dans l'intégration d'IA avec DeepSeek R1

Au-delà des débats qu'il a pu susciter, les performances du modèle DeepSeek R1, doté de capacités de raisonnement avancées, ont surpris les experts. Alors qu'il a été présenté fin janvier, l'industrie automobile chinoise s'en est très vite emparée. Du fournisseur de technologies de mobilité ECARX aux constructeurs eux-mêmes à l'image de Geely ou BYD, il a été intégré pour des applications variées allant de l'assistance à la conduite à l'amélioration des interactions entre conducteurs et véhicule.

Geely : une expérience de conduite connectée

Geely, acteur majeur de l'automobile chinoise avec des marques comme Smart, Volvo ou Zeerk, a été le premier à annoncer intégrer DeepSeek-R1 pour perfectionner Xingrui, le LLM au coeur de son système "Full-Domain AI for Smart Vehicles" présenté en janvier dernier au CES 2025. Cette intégration permet d'améliorer la reconnaissance vocale, l'analyse des images et la gestion des données en temps réel. L'objectif est de fluidifier l'interaction entre les conducteurs et leurs véhicules, tout en optimisant la prise de décisions en temps réel, notamment pour les systèmes d'aide à la conduite.

BYD : l'IA au service de la conduite autonome

BYD(Build Your Dreams), l'un des leaders de l'automobile électrique, a intégré DeepSeek dans son système de conduite autonome de niveau 2 DiPilot (baptisé God's Eye). Ce système repose sur une IA avancée qui permet une assistance au stationnement et une navigation autonome plus précises. L'objectif est d'améliorer la sécurité et de rendre les véhicules plus intelligents et autonomes, tout en réduisant la dépendance aux infrastructures cloud.

Great Wall Motors : des assistants virtuels améliorés

Great Wall Motors exploite DeepSeek pour entraîner son IA interne avec des données collectées, afin de développer des fonctionnalités proactives pour ses assistants embarqués. Cette approche, qui améliore l'interaction entre les conducteurs et leur véhicule, vise à rendre la conduite plus intuitive et à renforcer l'ergonomie des systèmes d'assistance.

SAIC : une expérience utilisateur plus riche

SAIC a misé sur DeepSeek pour améliorer l'expérience utilisateur de ses véhicules connectés. Son intégration de permet de répondre de manière plus précise et personnalisée aux besoins des conducteurs. Les assistants virtuels de SAIC sont désormais capables d'adapter leurs réponses et recommandations en fonction des habitudes de conduite et des préférences des utilisateurs.

Dongfeng : une conduite plus intuitive

Dongfeng a également adopté DeepSeek pour optimiser ses systèmes d'infodivertissement. Cette intégration permet d'offrir une expérience plus immersive et intuitive, avec une interaction vocale améliorée et des recommandations adaptées aux habitudes des conducteurs. L'objectif est de faciliter l'utilisation des fonctionnalités du véhicule et d'améliorer le confort de conduite.

ECARX : une IA embarquée indépendante du cloud

ECARX, fournisseur de technologies de mobilité, a choisi DeepSeek-R1 pour développer son application d'IA embarquée, ECARX AutoGPT. Cette solution permet d'exécuter des tâches complexes en local, sans dépendance aux ressources cloud. Parmi les bénéfices attendus, on retrouve une meilleure protection des données, une réduction de la latence et une diminution des coûts de transmission et de stockage. D'autres constructeurs automobiles chinois ont l'intention eux aussi de mettre à jour leur assistant d'IA embarquée avec DeepSeek R1. Le modèle a par ailleurs été rapidement adopté dans d'autres secteurs, notamment par trois des principaux opérateurs de télécommunications : China Mobile, China Telecom et China Unicom.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


L'IA dans les grandes entreprises : état des lieux et perspectives 2025

Le 6 février dernier, lors d'un événement officiellement affilié au Sommet pour l'Action sur l'IA, Wavestone et la French Tech Grand Paris ont présenté le livre blanc "L’IA dans les grandes organisations : état des lieux et perspectives 2025", réalisé en partenariat avec Hub France IA et Viva Technology. Accessible aux non-experts tout en restant précis et équilibré pour les spécialistes, ce document de 15 pages donne la parole à ceux qui rendent possible l'utilisation quotidienne de l'IA au sein des entreprises. La perception dominante de l'IA est largement influencée par les discours des acteurs de la Big Tech, des start-ups et des décideurs politiques. Or, ceux-ci mettent généralement en avant les avancées technologiques et les cas d'usage réussis, laissant dans l'ombre les difficultés rencontrées par les grandes entreprises lors de l'adoption et de l'implémentation de ces technologies, les travaux en cours et les perspectives. Ce livre blanc, auquel plus de 40 professionnels, jouant chacun un rôle clé dans la mise en œuvre de l’IA au sein de leur organisation respective ont contribué, cherche justement à combler ces lacunes. L'une des conclusions majeures du livre blanc est la nécessité d'une gouvernance robuste de l'IA. Alors que l'IA générative suscite un intérêt grandissant, les entreprises doivent repenser leur approche en l'intégrant à leurs stratégies globales. La conformité aux réglementations, notamment l'AI Act européen, soulève des interrogations quant à l'harmonisation des différentes juridictions et à la manière dont les entreprises peuvent s'adapter efficacement. Chadi Hantouche, Partner Wavestone, a partagé sur LinkedIn, les principaux enseignements tirés de ce rapport articulé autour de 8 chapitres :

Chapitre 1 : Gouvernance de l’IA pour la réussite des métiers et la conformité

  • Deux ans après l’essor de l’IA Générative, les démarches en entreprise se structurent, en alignant la technologie aux besoins métiers, et plus l’inverse.
  • La visibilité apportée par l’IA Générative offre une opportunité de s'attaquer à des défis persistants en matière de Data et d’IA, avec du support et du budget !
  • La complexité de gouvernance du sujet vient en particulier de ses nombreuses facettes, aux maturités hétérogènes, et d’un horizon réglementaire incertain.

Chapitre 2 : L'IA en action, cas d'usage et adoption

  • Beaucoup d’entreprises se sont lancées dans une course au cas d’usage, dont peu sont en réalité « révolutionnaires » et passent à très grande échelle.
  • Démontrer un retour sur investissement est encore complexe, en particulier quand les gains sont de l’ordre de l’efficacité individuelle.
  • Une adoption réussie de systèmes d’IA par les collaborateurs demande une véritable conduite du changement, et ce sujet est encore souvent négligé.

Chapitre 3 : Aspects techniques de l'IA traditionnelle et générative

  • L’IA générative ne vient pas remplacer les autres types d’IA. C’est une option de plus, avec ses avantages et ses inconvénients.
  • Il est difficile de faire de grands choix technologiques dans un contexte aussi mouvant. Au-delà de ces choix, bien aborder l’architecture/organisation autour est clé.
  • Deux orientations semblent claires : les modèles d’IA deviennent majoritairement des commodités, et l’avenir sera multi-IA, multi-agents, multi-modal.

Chapitre 4 : Confiance numérique - Les risques Cyber de l'IA

  • L’IA, en particulier générative, amplifie des risques Cyber existants, mais en amène aussi des nouveaux. Cette menace bouge aussi vite que la technologie.
  • Des méthodologies de gestion du risque IA émergent. La gouvernance reste à consolider, notamment vis-à-vis des tiers qui vont tous proposer de l’IA.
  • Le savoir-faire cyber autour de systèmes d’IA est encore rare. La réponse à incident est complexe, et amène les entreprises à l’externaliser.

Chapitre 5 : Éthique et responsabilité environnementale

  • L’IA tire depuis toujours des questions éthiques et humaines. Celles-ci sont amplifiées et pressées par l’arrivée de l’IA Générative.
  • Si l’IA traditionnelle peut aider dans la crise climatique, l’IA Générative, elle, l’aggrave. Les entreprises tentent, en majorité, de sensibiliser leurs utilisateurs à ce sujet.
  • Plusieurs approches rendront possible la pratique d’une IA responsable : frugalité, transparence, métriques standardisées, et réglementation.

Chapitre 6 : L'avenir du travail avec l'IA (Générative)

  • L’IA traditionnelle "révolutionnait" déjà des métiers. L’IA générative a créé une vague qui touche tout le monde, et l’arrivée des agents IA va encore accélérer ce mouvement.
  • Toutes les entreprises ont mis en place des formations, plus ou moins avancées. Malgré cela, le niveau général de maîtrise, y compris par le management, reste faible.
  • Les départements RH en entreprise commencent à s’emparer du sujet – pour préparer les employés au futur, et aussi pour rester un employeur attractif.

Chapitre 7 : La course mondiale aux talents en IA

  • La compétition pour les meilleurs experts en IA est véritablement mondiale, et oppose les grandes entreprises aux géants de la Tech.
  • Le manque de compétences dans le domaine de l’IA va nécessiter de former, de rediriger des carrières, et d’ouvrir le domaine à des profils plus divers.
  • Cette course aux talents va aussi devoir trouver des réponses communes entre les entreprises, les formations supérieures, et un appui politique.

Chapitre 8 : Autonomie stratégique à l'ère de l'IA

  • L’IA devient un enjeu de pouvoir géopolitique et économique, avec le risque qu’il soit détenu par une poignée d’acteurs.
  • Certaines entreprises travaillent à créer un écosystème les rendant moins dépendantes à ces acteurs. L’open source peut y jouer un rôle important.
  • Une gouvernance mondiale sur certains sujets critiques est indispensable, bien que sa mise en œuvre paraisse difficile dans le contexte actuel, très polarisé.
Retrouver les lignes directrices et le livre blanc ici.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


INESIA : un nouvel acteur pour la sécurité de l'IA en France

En mai 2024, la France était l'un des pays signataires de la Déclaration de Séoul pour une IA sûre, novatrice et inclusive. Dans le prolongement de cet engagement, Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a annoncé la création de l'Institut national pour l'évaluation et la sécurité de l'intelligence artificielle (INESIA). Cette initiative vise à renforcer la confiance du public dans les technologies d'IA en France, tout en soutenant l'innovation dans ce domaine stratégique.

Structurer la recherche française en matière d'évaluation

Plutôt que de créer une nouvelle entité juridique, l'INESIA coordonnera les efforts des principaux acteurs nationaux de l'évaluation et de la sécurité de l'IA, notamment l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) et le Pôle d'expertise de la régulation numérique (PEReN). Copiloté par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Direction générale des Entreprises (DGE), l'Institut n'aura pas de pouvoirs contraignants, mais servira de plateforme de collaboration entre ces institutions existantes. Elles collaboreront ainsi à l'analyse des risques systémiques liés à l'IA dans le domaine de la sécurité nationale, le soutien à la mise en œuvre de la régulation de l'IA et l'évaluation de la performance et de la fiabilité des modèles d'IA. Leur approche scientifique et la diffusion de bonnes pratiques garantiront que l'IA soit développée et utilisée de manière sécurisée et fiable, en particulier dans des secteurs sensibles tels que la médecine, l'éducation, l'industrie et l'information. INESIA permettra à la France de jouer un rôle actif au sein du réseau international des AI Safety Institutes, aux côtés de nations telles que le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, le Kenya, Singapour et le Royaume-Uni. Elle soutiendra ainsi son ambition : faire de l’IA une technologie de confiance, au service de l’innovation et de la souveraineté nationale.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Kyutai dévoile Hibiki : une avancée majeure dans la traduction vocale simultanée

Hier, lors de la conférence scientifique internationale qui s’est tenue à l’Institut Polytechnique de Paris dans le cadre de la Semaine pour l’Action sur l’IA, Patrick Perez, Directeur général de Kyutai, a présenté Hibiki, un modèle de traduction vocale simultanée. Ce système se distingue par sa capacité à préserver la voix du locuteur tout en adaptant son rythme au contenu sémantique du discours source, offrant ainsi une traduction orale et écrite en temps réel. C’est à Station F, lors de la conférence AI Pulse, organisée par Scaleway, filiale de l’entreprise Iliad fondée par Xavier Niel, que Kyutai a été lancé le 17 novembre 2023 en présence de son équipe scientifique et de ses trois co-fondateurs : Xavier Niel, Rodolphe Saadé, fils du fondateur du groupe CMA CGM dont il assure la direction, et Eric Schmidt, ex-PDG de Google. Ce laboratoire d’initiative privée à but non-lucratif a été financé à hauteur de 300 millions d’euros, 100 millions d’euros d’Iliad, 100 du groupe CMA CGM et les 100 derniers restants via Schmidt Futures, l’entreprise philanthropique cofondée par Eric Schmidt et sa femme Wendy. Entièrement dédié à la recherche ouverte en IA, Kyutai s’est donné pour objectif de développer des LLMs pour s’attaquer “aux défis de l’IA moderne” et activer une IA européenne souveraine pour le bien commun, et ce, en s’appuyant sur la puissance de calcul de Scaleway, filiale dédiée aux activités cloud du Groupe Iliad. Le laboratoire, qui a pour conseiller scientifique Yann LeCun, compte actuellement une quinzaine de collaborateurs. Après avoir présenté en juillet 2024 Moshi, la 1ère IA vocale open source, basée sur son LLM Helium 7B, Kyutai a donné un aperçu le 13 janvier dernier d'Helium-1, une version allégée comptant environ 2 milliards de paramètres. Conçue pour fonctionner efficacement sur des appareils mobiles et des environnements à ressources limitées, cette version préliminaire prend actuellement en charge six langues européennes : français, allemand, anglais, espagnol, italien et portugais. Le laboratoire prévoit de le publier dans les mois à venir.

Hibiki, un modèle de traduction vocale simultanée

Seulement six mois après la sortie de Moshi, Kyutai dévoile Hibiki (écho, en japonais). Le modèle, qui a été entraîné sur des données publiques pour traduire du français vers l'anglais, dépasse selon lui sur cette tâche l’état de l’art actuel, en termes de qualité de traduction, de fidélité vocale du locuteur et de naturel. De plus, la simplicité de son processus d'inférence lui permet la traduction groupée pour un déploiement efficace dans le cloud, ainsi que pour une utilisation en temps réel sur mobile. Fidèle à son engagement envers l'open source, le laboratoire met à disposition les codes d’inférence, les poids du modèle français-anglais et un rapport technique détaillé, concluant : "Les chercheurs et la communauté de l’IA pourront ainsi reprendre Hibiki dans leurs projets, et l’étendre à d’autres langues. Il s’agit d’une nouvelle étape pour les technologies de la voix : elle ouvre des opportunités extraordinaires en matière de communication et d’accessibilité.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Développement et adoption de l'IA : l'AIE appelle à une coordination renforcée des besoins énergétiques

Hier, alors que le Sommet pour l'Action sur l'IA réunissait des dirigeants du monde entier, le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), est intervenu pour rappeler l'interdépendance croissante entre l'IA et le secteur de l'énergie. Selon lui, le développement rapide de l'IA nécessite une infrastructure énergétique robuste, en particulier en matière d'électricité, pour soutenir l'expansion prévue des centres de données, mais également une collaboration étroite entre l'industrie énergétique, le secteur technologique et les gouvernements. En décembre dernier, l'AIE a organisé à son siège de Paris une conférence mondiale sur l’énergie et l’IA qui a contribué à jeter les bases des résultats énergétiques du Sommet de cette semaine à Paris. L’essor de l’IA et, en particulier celui de la GenAI, nécessite d’énormes datacenters, chacun consommant une quantité d'électricité équivalente à celle de 100 000 ménages. Selon l'agence, bien que les centres de données ne représentent actuellement que 1 % de la consommation mondiale d’électricité, le réseau est déjà confronté à des défis importants dans les zones où ils sont concentrés, et la demande devrait continuer à augmenter. Ainsi, en Irlande, les datacenters représentent déjà 20 % de la demande d’électricité, tandis que dans l’État américain de Virginie, cette part est supérieure à 25 %. Lors de son allocution, le Dr Fatih Birol a souligné les nombreuses opportunités offertes par l’IA, mais également le risque que les progrès de l’IA ne soient entravés si l’infrastructure énergétique nécessaire n’est pas planifiée de manière adéquate : "Il n’y a pas d’IA sans énergie, en particulier sans électricité. Des milliers de centres de données devraient être construits au cours des cinq prochaines années. Mais notre analyse à l’AIE montre que si l’industrie de l’énergie, le secteur technologique et les gouvernements ne collaborent pas pour fournir l’infrastructure électrique nécessaire, de nombreux projets pourraient être retardés, voire annulés." Il a ajouté: "C’est pourquoi il est si stratégique et si important de réunir les entreprises et les décideurs politiques en matière d’énergie, et c’est pourquoi l’AIE continuera de travailler avec les dirigeants du monde entier sur cette question essentielle."

Un observatoire de l’énergie, de l’IA et des centres de données

Mr Birol a annoncé que l'AIE lancera le 10 avril prochain ce nouvel observatoire afin de collecter les données les plus complètes sur les besoins en électricité de l'IA et sur les innovations de rupture pour l’IA appliquée à l’énergie. Elle a également prévu de publier un "rapport spécial sur l'énergie et l'IA" ce même jour. Il explorera des solutions pour répondre à la demande énergétique croissante des centres de données et comment les innovations en IA pourraient transformer la production, la consommation et la distribution de l'énergie.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


OpenEuroLLM, une initiative européenne pour une IA transparente et souveraine

Lancé ce lundi 3 février, OpenEuroLLM est un projet collaboratif réunissant 20 institutions de recherche, entreprises et centres de calcul de premier plan. Cette initiative, qui bénéficie du soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme pour une Europe numérique (Digital Europe), vise à développer une famille de modèles de fondation transparents et performants pour les langues européennes et d'autres langues d'intérêt social et économique, adaptés aux besoins des secteurs public et privé.

Soutenir la compétitivité et la souveraineté numérique de l'UE

OpenEuroLLM s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la compétitivité européenne en matière d’IA. En garantissant l’accessibilité, la transparence et la conformité réglementaire, le projet entend offrir une alternative robuste aux modèles propriétaires tout en préservant les valeurs et la diversité linguistique européennes. Il est d'ailleurs le premier projet financé par Digital Europe à recevoir le label d’excellence STEP (Strategic Technologies for Europe Platform, une nouvelle initiative de l’UE visant à renforcer la compétitivité industrielle européenne en soutenant les technologies critiques, notamment l’IA). OpenEuroLLM bénéficiera d’un budget total de 37,4 millions d’euros, dont 20,6 millions du programme pour une Europe numérique. L'entreprise commune EuroHPC fournira quant à elle un accès à ses services de calcul.

Un consortium d’acteurs clés

Coordonné par Jan Hajič de l’Université Charles en Tchéquie et co-dirigé par Peter Sarlin, le plus grand laboratoire d’IA privé d’Europe, racheté l'an dernier par le fabricant américain de puces AMD, OpenEuroLLM rassemble des partenaires prestigieux issus du monde académique, de l’industrie et des infrastructures de calcul haute performance :
  • Instituts de recherche et universités : Université d’Helsinki, Université d’Oslo, Fraunhofer IAIS, Institut ELLIS Tübingen, Université de technologie d’Eindhoven, entre autres.
  • Entreprises spécialisées : LightOn (France),Aleph Alpha (Allemagne), Prompsit Language Engineering (Espagne), ellamind (Allemagne).
  • Centres de calcul EuroHPC : Centre de calcul intensif de Barcelone (Espagne), Cineca (Italie), CSC (Finlande), SURF (Pays-Bas).
Peter Sarlin commente sur LinkedIn : "Au lieu d’efforts fragmentés, il s’agit d’une action coordonnée visant à créer des modèles de langage européens ouverts que les entreprises peuvent posséder, contrôler et intégrer dans leurs produits. "

Transparence et collaboration avec la communauté Open Source

Un des piliers d’OpenEuroLLM repose sur son engagement en faveur d’une intelligence artificielle ouverte et responsable. En partenariat avec des organisations comme LAION, OpenML et open-sci, le projet veillera à ce que les modèles, les logiciels et les ensembles de données soient accessibles à tous, favorisant ainsi l’innovation et l’adaptabilité aux besoins industriels et publics. Laurent Daudet, Directeur Général Délégué et cofondateur de LightOn, conclut : "L’Europe dispose des talents et des ressources nécessaires pour prendre une place de choix dans cette compétition internationale autour de l’IA. Pour transformer ces efforts en un véritable levier stratégique, l’Europe doit non seulement capitaliser sur l’IA Act, véritable catalyseur de l’innovation vers une IA de confiance, mais également soutenir une approche coordonnée de ses leaders. C’est aujourd’hui rendu possible grâce au consortium OpenEuroLLM.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


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